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De critique à bâtisseur : Jay N. Kalala et l'infrastructure numérique du DBC

De critique à bâtisseur : Jay N. Kalala et l'infrastructure numérique du DBC

Il a d'abord contesté le récit du business africain sur un plateau de France 24. Aujourd'hui, c'est lui qui code la colonne vertébrale numérique du Diambilay Business Center. Portrait d'un revirement assumé.

Sur le plateau de La Semaine de l'Éco, le rendez-vous économique du vendredi de France 24, Jay N. Kalala n'avait pas le rôle du converti. Entrepreneur congolais-allemand, il était venu dire tout haut ce que peu d'invités formulent aussi nettement, face à une ancienne ministre française et au fondateur d'un réseau panafricain en pleine ascension : faire des affaires en Afrique reste, dans les faits, bien plus difficile que le discours ambiant ne veut l'admettre.

Deux ans plus tard, le même homme construit les systèmes du réseau qu'il regardait alors de l'extérieur. Le Diambilay Business Center ne l'a pas recruté comme orateur, mais comme architecte : c'est lui qui dessine et code l'infrastructure numérique de l'organisation, du site public à l'application de billetterie. La branche allemande a d'ailleurs déjà commencé à bâtir ses propres systèmes en interne.

Raconté comme ça, le parcours ressemble à un reniement. Ce n'en est pas un. C'est plutôt la suite logique d'une idée simple, et un peu rugueuse : on ne change pas un écosystème avec des discours, on le change avec des outils qui marchent.

Le critique qui n'y croyait pas (encore)

La position de Kalala n'a jamais été celle d'un afro-pessimiste. Elle était celle d'un homme qui a construit des entreprises et qui connaît la distance entre une conférence motivante et un système qui tourne un lundi matin. Avant de croiser la route du DBC, il avait déjà bâti et opéré plusieurs plateformes en production — un ERP pour salles de sport, une plateforme d'éducation financière, une suite SaaS B2B — et fondé Narikia, une société dont le métier est de faire tourner d'autres entreprises plus proprement : plus de traçabilité, moins de tâches manuelles, moins d'angles morts où les choses dérapent.

De ce terrain-là vient sa critique du business africain : non pas le manque d'énergie ou de talent, mais le manque d'infrastructure. Des marchés fragmentés, des systèmes de paiement qui ne se parlent pas, de la confiance difficile à industrialiser, des organisations qui carburent à l'enthousiasme et calent dès qu'il faut un back-office. Sur le plateau de France 24, c'est ce constat-là qu'il a posé, sans ménager le récit dominant. Le contexte ne lui était pas étranger : l'écosystème que défendait alors Élisabeth Moreno et celui du DBC se recoupent déjà — Paris, la diaspora, la tech, le financement de l'entrepreneuriat féminin.

Le jour où il a essayé — puis rejoint

Le revirement n'est pas venu d'un argument, mais d'une salle. Kalala a fini par assister à un Forum Richesses d'Afrique en simple participant — le sceptique au fond de la pièce. Ce qu'il y a vu a déplacé le calcul : pas des slogans, mais un réseau avec une portée réelle, des intervenants politiques et économiques, une audience diasporique qui se déplace et qui paie pour être là.

La conclusion, pour un homme dont le réflexe est de construire, était presque mécanique. Plutôt que de critiquer de l'extérieur la pièce manquante — les systèmes —, autant la fabriquer. C'est Ruth Bambi, CEO de DBC Germany, qui a passé l'appel. « Nous vivons dans un monde numérisé, et DBC Germany ne sera pas la dernière à monter dans le bateau », avait-elle posé comme cap. Kalala est devenu le bâtisseur de ce bateau.

[CITATION À FOURNIR PAR JAY — une ou deux phrases sur la bascule : pourquoi il a arrêté de commenter et choisi de construire. Sa voix ici vaut dix paragraphes d'analyse.]

Gerald Ngongo Kalala, par ailleurs

Sous le nom public se trouve un état civil : Gerald Ngongo Kalala. Né en République démocratique du Congo, installé en Allemagne, il appartient à cette génération d'entrepreneurs de la diaspora qui ne choisissent pas entre les deux continents et travaillent les deux à la fois. Son terrain d'apprentissage de l'échelle, ce sont aussi les projets liés au monde des salons de Cologne, où un système tient devant des milliers de visiteurs ou échoue à la porte, en public.

La constante de son parcours n'est pas un secteur, c'est une méthode : vendre et exploiter de vrais produits plutôt que vendre des présentations. Ses sociétés — dont Narikia — ont en commun de transformer des promesses en logiciels qui encaissent, mesurent et tiennent. On peut suivre le détail de ce parcours sur realjaynka.com. C'est cette crédibilité opérationnelle, plus que l'éloquence, qui a fait de lui le bon nom à appeler.

Narikia, la quincaillerie du mouvement

Concrètement, ce que Kalala apporte au DBC porte un nom : Narikia UG × DBC Germany. L'ambition n'est pas une application, c'est un écosystème connecté. Un site public qui sert de vitrine. Un tableau de bord interne unique, d'où l'équipe publie vers chaque surface et fait remonter la performance de chacune. Une billetterie maison, un portail d'emplois, un outil de sondage. Le tout en trois langues — français, allemand, anglais — parce que l'audience lit dans les trois.

Le premier vrai test n'est pas théorique. Il a une date : la Richesses d'Afrique Masterclass Germany 2026, le 13 juin 2026 à Essen, où l'application devra vendre et scanner de vrais billets devant une vraie salle. En Allemagne, ce n'est pas qu'une affaire de design : vendre des billets via son propre logiciel touche aux règles fiscales et de conservation du pays, le genre de détail qu'un système sérieux règle avec un conseiller fiscal avant l'ouverture des portes, pas le soir même. Le programme de la Masterclass réunira d'ailleurs cette logique de système et les visages du mouvement, de Ruth Bambi à Danyo Ilunga.

Ce que le numérique change pour un mouvement

Il y a une différence entre un mouvement et une institution. Un mouvement tourne à l'attention : une salle pleine, une vague sur les réseaux. Une institution tourne aux systèmes : on sait qui est venu, ce qui a été vendu, ce qui doit être relancé, et on peut le refaire sans repartir de zéro. La digitalisation est exactement la ligne entre les deux.

[CITATION À FOURNIR PAR JAY — une phrase sur ce que la « propriété » des systèmes change pour la diaspora : posséder ses rails plutôt que louer ceux des autres.]

Si la billetterie d'Essen tient le 13 juin, le critique aura répondu à sa propre critique de la seule manière qui l'intéresse : en livrant. Le reste — les discours sur le potentiel africain — il les laisse à d'autres. Lui regarde le tableau de bord.